1530-1713
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qu’un métier. Les magistrats de Savoie désap-prouvaient l’émigration des pauvres commemoyen curatif 1 ; ils avaient imité l’institut duMont-de-Piété de Thonon en établissant descaisses agricoles destinées à faire aux paysansdes avances pour leur faciliter l’achat d’outilsou de semences 2 . Le succès de ces tentativespartielles détermina Vietor-Amédée à prendredes mesures générales par l’édit de 1717, quecompléta celui du 15 janvier 1722. Le roi créadans chaque province des hôpitaux générauxet, dans les villes, bourgs et villages, des bureauxde charité et des conseils d’assistance publique.
L’admirable règlement transmis aux intendantset aux syndics pour la mise en pratique de l’éditfait honneur aux vues élevées de Mellarède. Ony prévoit toutes les infirmités incurables dontla société doit prendre charge; on y règle lessoins particuliers à donner aux aveugles, auxsourds-muets, aux épileptiques, aux fous, auxcrétins, aux enfants abandonnés et aux indi-gents valides; on y supprime l’article brutal
1 Ils se trouvent d’accord, en cela, avec les philanthropesmodernes : car la population se reforme bientôt et, après quel-ques années, la misère est la même qu’auparavant. — oc Lors-qu’un pays est en proie à la misère et aux habitudes de désordreet d’imprévoyance qu’elle entraîne, la population doit tendre às’accroître indéfiniment. C'est ce que l’on peut observer en Ir-lande et dans une partie de la Savoie. » (Naville. De la Charitélégale. 1836. II. 384.)
2 Monli frumentarj. L’intérêt, qui se payait à la récolte, étaitd’habitude un seizième de la mesure prêtée; il y avait peu decouvents qui n’eussent un établissement analogue. Les bienfaitsde l’association appliqués, en Suisse, à la création des Frui-tières , et arrivant à ce merveilleux résultat de faire jouir du bé-néfice de l’épargne le lait, qui se perd en 24 heures, furentappréciés en Savoie ; on imita ces bons exemples ; quantité devillages leur durent le salut.