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1659-1713
Vaumosne, puis s’en revenoit disner avec safamille; tous ces in fâmes sectateurs de Sathanont ftmj leur vie dans les flammes et autres cir-constances d’un honteux supplice. Les faits depossession, souvent exploités dans un but surlequel je n’ai pas à m’expliquer ici, donnaientlieu parfois à des scandales où le burlesque cou-doyait le terrible. On en trouve quantité d’exem-ples dans les récits contemporains, notammentdans les Mémoires de l’abbé de Ghoisy, deMme (j e Motteville, de la princesse Colonna 1 , etc.
1 Je nu citerai qu’une lettre de Marie Mancini, nièce deMazarin, écrite de Milan (sans date, mais après ses troisièmescouches) et reproduite en partie dans les éditions de ses Mé-moires publiées à Cologne en 1676 et 1701, et a Leyde en1678 : — « Nous allâmes un matin à la teste qui se faisoitdans l’église de N.-D. des Cannes, nostro maislre des céré-monies nous accompagnant pour nous placer dans la cha-pelle où l’on avoit posé des carreaux, ut, à peine avions-nouscommencé nostre dévotion qu’une fille estant là et qui es-tait possédée du démon commença à crier avec une fureurincroyable, ce qui m’effraya de telle force que, sans mes gens,jeserois tombée évanouie. Un moine vint l’exorciser, et le Dé-mon estant forcé par les conjurations dit qu’il sortiroit plustosl de ceste fille que de se taire ; ce que le moine ayant acceptéet lui demandant mesme un sigue quand il sortiroit, il ditqu’il vnaloit entrer dans le corps d'un de ceux qui estaient làprésens. Je vous laisse à penser si je devois trembler enten-dant ce propos, car il est aysé de juger qu’il n’y a pas de plaisirpour ce goût de sfrapades, de chevalets et de fagots à avoir àfaire avec le diable. Je me Ievuy donc aussy tost et gagnay laporte. Mais l'esprit s’écria à haute voix : Que je n eusse rien àcraindre ; qu'il ne voulait plus user d'une femme ; qu’il vouloitentrer dans le fondement de cet homme qui estoit habillé àl'espagnole. C’estoit nostre rnaistre des cérémonies qui, commeun bon innocent, prit la fuite après moy jusques à la porte del’église, et comme l’esprit le menaçoit de plus en plus avecd’effroyables hurles, il crut de se garantir du mal qui le talon-noit et de faire un acte spirituel de se mettre les chausses àbas et s’asseoir dans le bénitier. Jngez si ce n’estoit pas vrayecomédie qui fit perdre contenance à tout le peuple, fort nom-breux, qui estoit par là en dévotion, et un chacun en suffoquoitde rire, se tenant le ventre à deux mains pour n’en pas crever.»