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Tome troisième.
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. 1793-1794

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leur présence ne fût un secret pour personne.Philibert Simond n’était point étranger à cetteatténuation des lois révolutionnaires , il fitpreuve, maintes fois, d’une délicatesse de sen-timents fort courageuse aune époque où le res-pect des choses saintes conduisait à l’échafaud '.

La vente des biens nationaux, entravée parles événements de l’été et par certaines incer-titudes adroitement répandues, réussit enfin,et doubla le nombre des patriotes par celui desacquéreurs dont l’intérêt personnel fut dès lorsattaché à la fortune de la République. Les pre-miers furent des hommes d’affaires, de hardisspéculateurs dont l’àpreté recruta des prosély-tes et dissipa les scrupules des sous-acquéreurs,lesquels accoururent en foule dès qu’ils ne secrurent plus directement responsables vis-à-visdes anciens propriétaires 2 .Un épisode touchant

1 A Albens, ùGresin, à Saint-tleriix, lorsque les commissaireschargés de la saisie des objels servant au culte trouvèrent dansles ciboires des hosties consacrées, ils firent, chercher, d'aprèsles ordres circulaires de Simond, des prêtres pour les consu-mer. éMém. ecclés. 109.) Consulter aussi la Confession d'unpatriote de Chambéry avec des notes sur quelques hommes dujour. (26 prairial et i5 messidor an III.)

2 D’après les lettres de Simond, on n’avait vendu, en janvier1794, que pour 7 millions en assignats sur 30. Les décomptesdes prix de vente prouvent que, pour un gros acquéreur en 9-3,on en trouva vingt petits en 94. (Arch. domaniales.) La saisieet la vente des biens ecclésiastiques se firent d’ailleurs avec lesmêmes abus que partout; l’Etat reçut environ 1/10 du prix ; lereste se partagea entre ces oiseaux de proie qui s’abattent surles malheurs publics. Tous les dossiers des ventes nationalesétaient déposés an cluHeau. Par l’effet d’un hasard patriotique,dit Mgr Billiet CMém. ecclés. 81) le feu y prit dans la nuit du23 eut 24 frimaire an VII ; cet incendie liquida beaucoup decomptes et paya beaucoup de dettes (14 décembre 1798). On s’é-tonne, en lisant les inventaires du mobilier des églises et cou-vents, du peu de valeur des objets saisis ; on avait porté en Pié-mont ou caché dans le pays tous les objets de prix. En 1795, le