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1793-1794
vint, à cette occasion, tempérer les rigueurslégales par un acte de reconnaissance despaysans du pays de Gavot. Les traits épars quitémoignent en faveur de l’humanité doiventêtre recueillis avec plus de soin que les meur-tres ou les lâchetés dont l’histoire fourmille.On affichait au district de Thonon la vente auxenchères de propriétés considérables saisiessur la famille de Blonay; M. de Blonay, fatiguéde l’exil, voulut assister à sa ruine au méprisde l’arrêt de mort qui le menaçait. Caché sousune veste de batelier vaudois, il se rend à la salledu Conseil et, dès les premiers appels de lacriée, exalté par le péril, par son audace et parl’étrangeté de la situation, il brave tout et jetteun chiffre dérisoire qui baisse la mise à prixdes 9/10. On s’étonne, on entoure cet inconnu,on reconnaît l’ancien seigneur; sa hardiesse, lesouvenir des bienfaits de sa famille lui assurent,en un instant, la complicité de la foule qui nese passionne jamais à demi. Personne ne metd’enchères; l’officier municipal hésite un ins-tant ; l’attitude de la foule le rassure ; il lui ad-juge successivement les lots, sous la pressiondu sentiment populaire et avec la caution despaysans d’Evian et de Maxilly qui entraînentjoyeusement M. de Blonay dans la montagne,d’où il regagna le Yalley.
La soirée du 22 décembre 93 fut marquée àChambéry par un incident d’un autre genre,et tout aussi dramatique. La dépêche annon-çant la prise de Toulon est lue en séance duConseil; aussitôt, les membres de l’assemblée
total des vases ou reliquaires inventoriés ne s’élevait qu’à 6,938marcs en poids (le marc de 8 onces valant 24 grammes 1/2.)