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Tome troisième.
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1796-1198

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neutralité suisse assurait d’avantages à la Franceen lui permettant de concentrer ses forces,comme elle le fit de 4702 à 1796, entre Mayenceet Strasbourg, d’une part, entre le Mont-Blancet Gênes de l’autre, il fallait devancer les coali-sés par un coup de vigueur et occuper tout lemassif des Alpes pour s’y retrancher commedans une citadelle qui servît de base d’opéra-tions aux armées d’Italie, du Rhin et de Suisse.Le 6 décembre 1798, le Directoire déclare laguerre aux rois de Naples et de Sardaigne; le 9,Charles-Emmanuel IV, surpris dans Turin, ab-dique entre les mains des généraux républi-cains, cède à la France ses Etats de terre ferme,et se retire avec sa famille dans l’île de Sar-daigne, vaisseau battu par la tempête, dernierasile de sa dynastie 1 .

Quelques mois plus tard, la fortune de laguerre amenait Suwarow à Turin ; Macdonald,Moreau et Masséna reculaient pas à pas devantl’invasion. Les départements des Alpes, me-nacés à la fois du côté de la Suisse et du côtédu Piémont, exposés les premiers au déborde-ment des Austro-Russes, étaient dans une ex-trême fermentation. Les villes de Grenoble, deChambéry et de Genève envoyèrent au Corpslégislatif des adresses, remplies de colère etde terreur, qui produisirent une vive sensation.Le Directoire, aux abois, décrétait des impôtsqui rentraient mal ; il s’aliénait ainsi les popu-lations sans combler le déficit. On avait réduitde 1/8 l’impôt foncier qui ne se payait pas;

1 Le 3 mars 1799, le roi proteste, de la rade de Cagliari, con-tre l’acte du 9 décembre ; il déclare que son abdication provi-soire n’a eu pour but que d’éviter h ses sujets du Piémont lesmalheurs dont il était impuissant à les défendre par les armes.