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produit la ruyne entière de toutes les communautez, onen va expliquer les suittes. Les receveurs qui ont desémissaires parlout dès qu’ils ont notice de quelque im-position acceptent tous les foins du voisinage, font desmagasins de bois qu’ils remettent a ces affidés pourmettre ceux qui sont chargés de ces fournitures dansl’impossibilité d’en trouver et les obliger à passer parleurs mains; ils intimident mesrne les habitants du voi-sinage pour empescher d’en vendre ils se servent destrouppes à qui ils font quelque gratification pour leuraider dans leurs desseins et si quelque malheureuxpaysan qui n’a point d’argent s’avise d’apporter son con-tingent de foin de six à huict lieiies loin, trez souventsur la teste, ils luy font mille avanies sur la qualité dufoin et sur le poids, et quand il y en a un quintal ils luyen font un receu quelques fois de la moitié et d’autreslois du tiers, ce malheureux paysan fatigué par la lon-gueur du chemin mourant de faim n’ayant pas de quoysubsister passe par où il leur plaît, c’est une véritéconnue de toute la Savoye et si l’on veut faire examinerles comptes des communautez l’on trouvera qu’uneimposition par exemple de 500 rations de foin qui natu-rellement ne devroit couster à celte Communauté que125 livres a raison de cinq sols la botte luy en coustequelques fois en achapt, en port et en frais cinq à sixcent. On pourrait éviter une partie de ce malheur siquelque parfournisseur vouloit se charger de cette im-position à un prix raisonnable et avec un gain modiqueet obliger les communautez sur lesquelles on veut fairecette imposition d’avancer les sommes necessaires àproportion du prix convenu avec le parfournisseur etobliger ceux qui auraient du foin au delà de leur neces-saire de proche en proche d’en fournir à un prix rai-sonnable. Les estappiers obligent encore les commu-nautés ensuitte d’une ordonnance qu’ils ont obtenu deleur fournir les danrées nécessaires pour le soutien deleurs estappes et entre autres du vin dont on sait ladisette générale en Savoye soit par la stérilité de la sai-son soit par les ravages qu’ont fait les trouppes et l’on aveu des communautez estre reduittes pour satisfaire à