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TUliüOT
quelque adresse à démêler l’objection et à y répondre ;Turgot me disait souvent en . riant : « Mon cher« abbé, il n’y a que nous, qui avons fait notre licence,« qui sachions raisonner exactement».
On a conservé les deux discours que Turgot aprononcés à l’ouverture et à la clôture des sorboni-ques de l’année 1750. Le premier de ces discours apour sujet les avantages que l’établissement du chris-tianisme a procurés au genre humain. C’est un mor-ceau remarquable, mais il ressemble encore à undevoir de rhétorique, à quelqu’un de ces excellentsdiscours latins que l’on couronnait, il y a encorepeu d’années, dans cette même Sorbonne, à la dis-tribution des prix du Concours général entre leslycées de Paris. Ecrivant à son frère le chevalierle 30 juillet 1750, il lui disait : « J’ai eu à faire undiscours latin que j’ai prononcé le 3 juillet et dontle succès a été tout au plus flatteur pour moi (c’est-à-dire le plus flatteur); j’en ai actuellement quatrepetits environ par semaine avec douze arguments,en attendant que j’en prononce un second le 27 no-vembre; il m’occupe dès à présent. » Et son père,écrivant au même chevalier le 23 octobre 1750, luidisait : « Je vous ai mandé dans le temps le succèsprodigieux de la harangue que l’abbé lit au mois dejuillet dernier; il doit encore en faire une le 27 dumois prochain ». J_,e succès de l’abbé fut encore pluséclatant le 27 novembre que le 3 juillet précédent.
Ce second discours est d’ailleurs beaucoup plusimportant que le premier; il traite des progrès suc-