SA FAMILLE - SON ENFANCE - SON ÉDUCATION 23
Si Turgot n’a pas eu de succès en vers français,il a eu du moins la fortune de composer un verslatin qui est dans toutes les mémoires; c’est levers célèbre qu’il écrivit au-dessous du portrait deFranklin :
Eripuit cœlo fulmen, sccptrumque tyrannis.
Cependant le jeune abbé de Laulne ne devait pasrester longtemps à la Sorbonne ; la vocation luimanquait pour être prêtre. Ses amis avaient voulule retenir, et lui disaient que le nom qu’il portait,et ses connaissances, lui feraient faire un cheminrapide dans l’Eglise, On l’assurait qu’il deviendraittrès vite évêque et qu’il pourrait réaliser dans ladirection d’un diocèse quelques-uns des beaux rêvesd’administration qui remplissaient déjà son esprit.
« Mes chers amis, leur répondit-il, prenez pourvous le conseil que vous me donnez, puisque vouspouvez le suivre. Quant à moi, il m’est impossiblede me dévouer à porter toute ma vie un masque surmon visage. »
Son père, qui d’ailleurs était fort malade et devaitmourir trois mois plus tard, le laissa libre d’agirà sa guise.
Il abandonna donc l’Eglise pour toujours et quittala Sorbonne au mois de décembre 1750.