SA DOCTRINE ÉCONOMIQUE
47
à faire des avances à de plus riches qu’eux. D’où ilsont tiré cette autre vérité, non moins évidente que laprécédente, qu’il faut asseoir autant que possible lesimpôts sur la fortune et le revenu de ceux qui, enlin de compte, sont appelés à les supporter.
Mais, à ces grandes vérités découvertes par Ques-nay et si bien mises en lumière par Turgot, combiend’erreurs ne se sont-elles pas mêlées ? Est-il possiblede croire, avec Quesnay et avec Turgot, que la terresoit la source unique des richesses, des richessesrenaissantes, pour employer l’expression même dontse sert Turgot? Nous savons aujourd’hui que tousles capitaux indistinctement, quelle que soit la formequ’ils affectent, quel que soit l’emploi auquel on lesdestine et l’usage qu’on en fait, pourvu que ce soitun emploi et un usage productifs, ont, comme laterre, la faculté de faire renaître incessamment denouvelles richesses dont ils sont la source. AdamSmith et Jean-Baptiste Say en ont donné des preuvesqui ont clos le débat.
N’est-elle pas également contraire à la vérité cettethéorie des impôts qui ne reconnaît d’autre res-source légitime au budget des dépenses publiquesque ce qu’il est possible de prélever sur le produitnet de la nation, comme si l’Etat ne pouvait faireface à ses dépenses annuelles qu’au moyen desrichesses nouvelles créées chaque année.
Si cette opinion était fondée, un peuple station-naire, c’est-à-dire une nation dont la richesse ces-serait de croître et qui vivrait simplement d’un tra-