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TURGOT
daient les abus afin d’en vivre, toutes les fois qu’illes jugeait assez intelligentes pour se rendre comptede leurs actes; mais il était indulgent pour les igno-rants, sauf à réprimer vigoureusement les désordresoù leur ignorance pouvait les entraîner. Il ménageaitd’ailleurs les droits acquis et prit toujours soin defaire liquider avec équité la valeur des offices dontil prononçait la suppression. Son arrivée au con-trôle général avait effrayé les fermiers généraux.« On dit que les financiers meurent de peur, écri-vait l’abbé Baudeau, ils ont tort; M. Turgot n’estpas assez étourdi pour culbuter sur-le-champ lebail des fermes, ni les autres arrangements finan-ciers. »
Lors de la discussion qu’il eut en 177C avecMiroménil sur la suppression des corvées, il rédigeades notes en réponse aux observations du garde dessceaux. On peut lire dans ces notes un passage biendigne d’être remarqué par ceux qui faisaient ouqui font encore de Turgot le chef d’une secte defanatiques. « Je sais aussi bien que tout autre qu’ilne faut pas toujours faire le mieux qu’il est possible,et que, si l’on ne doit pas renoncer à corriger peuà peu les défauts d’une constitution ancienne, il nefaut travailler que lentement, à mesure que l’opinionpublique et le cours des événements rendent lechangement possible. »
Pour convaincre l’opinion publique et lui faireperdre des préjugés qu’il considérait comme fondéssur l’ignorance, il avait conçu le plan d’un conseil