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TURGOT
Dès le 7 septembre, Baudeau annonçait dans sonjournal que « la déclaration du 25 mai 1763 sur laliberté du commerce intérieur va être rétablie parun arrêt du conseil qui passe l’éponge sur tous lesbarbouillages de l’abbé Terray » ; mais le 18 il igno-rait encore que la décision eût été prise et il disait :« Il y a de beaux bruits contradictoires sur le futurarrêt du conseil, concernant le commerce des grains.Les uns disent que c’est la confirmation des an-ciens principes ou tout au plus le changement d’unecompagnie pour une autre. Les approvisionneursSorin et Doumerc se vantent de continuer leurstripotages. »
La vérité est que, dans la semaine qui avait suivila proposition de Turgot, il y avait eu discussion auconseil. Bertin, qui avait, étant contrôleur général,fait rendre la déclaration libérale de 1763 et l’éditde 1764, était alors ministre de l’agriculture, et, touten partageant les opinions de Turgot, il craignaitde heurter trop violemment les préjugés populaires.Il était convaincu que dans la question des grainsil n’y avait qu’une seule méthode que l’expérienceeût consacrée, « avancer à pas lents et successifs ».En septembre 1774, probablement entre le 13 etle 20, après la première communication du projetd’arrêt au conseil des finances, et avant qu’on veût donné de la publicité, il écrivait à Turgot : « Lespièces que vous m’avez adressées, faisant renaîtremes espérances et pour le bien général, et pourcelui de mon département, ont renouvelé tous mes