TDUGOT MINISTRE
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sonné des principes d’aprcs lesquels les lois étaientrédigées ». La Harpe écrit : « 11 est le premierparmi nous qui ait changé les actes de l’autoritésouveraine en ouvrage de raisonnement et de per-suasion ». Voltaire ne marchande pas non plus seséloges pour la nouveauté de la forme : « On n’avaitpoint encore, dit-il, eu d’édits dans lesquels le sou-verain daignât enseigner son peuple, raisonner aveclui, l’instruire de ses intérêts, le persuader avantde lui commander; la substance de presque tousles ordres émanés du trône était contenue dans cesmots : car tel est notre bon plaisir ».
Le préambule de l’arrêt du 13 septembre esten effet une véritable discussion de principe danslaquelle Turgot s’efforce de prouver, et y réussit,que la liberté du commerce des grains assure pluscomplètement, et dans de meilleures conditions queles règlements de police, l’approvisionnement desnations.
C’est en quelque sorte une nouvelle exposition desdoctrines si bien défendues quelques années aupa-ravant dans les sept lettres sur les grains adresséesà l’abbé Terray, dont nous avons donné l’analyse.
« Plus le commerce est libre, animé, étendu, est-ildit dans cet admirable exposé, plus le peuple estpromptement, efficacement et abondamment pourvu.Les prix sont d’autant plus uniformes; ils s’éloignentd’autant moins du prix moyen et habituel sur lequelles salaires se règlent nécessairement. Les approvi-sionnements faits par les soins du gouvernement ne