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Turgot / par Léon Say
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peuvent avoir les mêmes succès. Son attention, par-tagée entre trop dobjets, ne peut être aussi activeque celle des négociants, occupés de leur seul com-merce. Il connaît plus tard, il connaît moins exac-tement, et les besoins et les ressources. Les agentsquil emploie, nayant aucun intérêt à léconomie,achètent plus chèrement, transportent à plus grandsfrais, conservent avec moins de précautions. Il seperd et il se gâte beaucoup de grains. Ces agentspeuvent par défaut dhabileté, ou même par infidé-lité, grossir à lexcès la dépense de leurs opérations.Ils peuvent se permettre des manœuvres coupablesà linsu du gouvernement. Lors même quils en sontle plus innocents, ils ne peuvent éviter den êtresoupçonnés, et le soupçon rejaillit toujours sur lad-ministration qui les emploie et qui devient odieuseau peuple par les soins mêmes quelle prend pour lesecourir. »

« Aucun ministre, dit la correspondance Metra,sans en excepter les Sully, les Colbert, les dAr-genson, na fait parler à nos maîtres un langage plusnoble et plus doux. »

Baudeau écrit dans son journal : « Il est reçu parle public avec beaucoup dapplaudissements. Lesennemis du bon Turgot sont un peu sots de la tour-nure de cet arrêt et de la sagesse des principesquil explique de la manière la plus claire. »

Voltaire écrit à DAlembert : « Je viens de lire lechef-dœuvre de M. Turgot. Il me semble que voilàde nouveaux deux et une nouvelle terre. »