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peuvent avoir les mêmes succès. Son attention, par-tagée entre trop d’objets, ne peut être aussi activeque celle des négociants, occupés de leur seul com-merce. Il connaît plus tard, il connaît moins exac-tement, et les besoins et les ressources. Les agentsqu’il emploie, n’ayant aucun intérêt à l’économie,achètent plus chèrement, transportent à plus grandsfrais, conservent avec moins de précautions. Il seperd et il se gâte beaucoup de grains. Ces agentspeuvent par défaut d’habileté, ou même par infidé-lité, grossir à l’excès la dépense de leurs opérations.Ils peuvent se permettre des manœuvres coupablesà l’insu du gouvernement. Lors même qu’ils en sontle plus innocents, ils ne peuvent éviter d’en êtresoupçonnés, et le soupçon rejaillit toujours sur l’ad-ministration qui les emploie et qui devient odieuseau peuple par les soins mêmes qu’elle prend pour lesecourir. »
« Aucun ministre, dit la correspondance Metra,sans en excepter les Sully, les Colbert, les d’Ar-genson, n’a fait parler à nos maîtres un langage plusnoble et plus doux. »
Baudeau écrit dans son journal : « Il est reçu parle public avec beaucoup d’applaudissements. Lesennemis du bon Turgot sont un peu sots de la tour-nure de cet arrêt et de la sagesse des principesqu’il explique de la manière la plus claire. »
Voltaire écrit à D’Alembert : « Je viens de lire lechef-d’œuvre de M. Turgot. Il me semble que voilàde nouveaux deux et une nouvelle terre. »