LES ÉDITS DE 1776
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M. de Boncerf, premier commis de M. Turgot, etayant décrété l’auteur d’ajournement personnel, SaMajesté leur a ordonné de mettre leur décret à néantet leur a défendu de dénoncer les livres. Elle leur adit que ces dénonciations n’appartenaient qu’à sonprocureur général, qui même ne pouvait le fairequ’après avoir pris ses ordres. Voilà des jugementsde Titus et de Marc-Aurèle; mais Messieurs ne sontpas des sénateurs de Rome. Pour M. de Turgot, il atout l’air d’un ancien Romain. »
Toutes ces escarmouches avaient précédé l’ouver-ture des grandes hostilités. Une guerre sans merciallait enfin s’allumer; elle devait malheureusementaboutir à la défaite des défenseurs de l’égalité et autriomphe de la ligue des privilégiés.
C’est le 2 mars 1776 que le Parlement avaitarrêté le texte de ses remontrances. Il avait envoyéune députation à Versailles pour les porter au roiet lui demander de fixer le jour et l’heure où il pour-rait les lui présenter officiellement. Le 7 mars uneseconde députation était venue pour prendre lesordres du roi. Louis XVI l’avait reçue et lui avaitrépondu : « J’ai examiné les remontrances de monParlement, elles ne contiennent rien qui n’ait étéprévu et mûrement réfléchi ».
Si le Parlement n’a pas enregistré l’édit sur lasuppression de la corvée, c’est que cette suppression,disait-il dans ses remontrancesblesse la justice.« La première règle de la justice est de conserver àchacun ce qui lui appartient: règle fondamentale du