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TURGOT
droit naturel, du droit des gens et du gouvernementcivil; règle qui ne consiste pas seulement à main-tenir les droits de propriété, mais encore à con-server ceux qui sont attachés à la personne et quinaissent des prérogatives de la naissance et del’état. »... « Le droit de la corvée appartenait auxFrancs sur leurs hommes.... Lorsque leurs serfsobtinrent leur affranchissement, en devenant citoyenslibres mais roturiers, ils devinrent corvéables....Assujettir les nobles à un impôt pour le rachat de lacorvée, au préjudice de la maxime que : « nul n’est« corvéable s’il n’est taillable », c’est les décider tail-lables comme les roturiers. »
Le refus d’entendre les remontrances.était l’annoncedu lit de justice; mais, avant d’en rendre compte,nous devons examiner l’édit sur la suppression desjurandes et des maîtrises, qui fut porté au même litde justice que l’édit sur la suppression des corvées.
La suppression des jurandes et des maîtrises etl’établissement de la liberté du travail constituent laplus grande réforme de Turgot, celle où son actionpersonnelle a été le plus visible et qui a fini partriompher avec la Révolution par la force seule desidées libérales.
La suppression des privilèges et l’égalité civilepeuvent être et ont été la conséquence d’une autrepassion que celle de la liberté; toute notre histoiredepuis 1789 en est la preuve. Le système protecteuret l’organisation du travail ne sont pas incompatiblesavec ce qu’on appelle les gouvernements modernes,