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TUlîGOT
que Votre Majesté m’estimât et de faire le bien, rienne m’a coûté. Quelle est aujourd’hui ma récompense?Votre Majesté voit l’impossibilité où je suis de résis-ter à ceux qui me nuisent par le mal qu’ils me fontet par le bien qu’ils m’empêchent de faire, en croi-sant toutes mes opérations, et Votre Majesté ne medonne ni secours ni consolation. Comment puis-jecroire que vous m’estimiez ni que vous m’aimiez.Sire, je ne l’avais pas mérité, j’ose le dire....
« Votre Majesté m’a dit qu’elle avait encore besoinde réflexion et qu’elle manquait d’expérience. Vousmanquez d’expérience, Sire. Je sais qu’à vingt-deuxans et dans votre position, vous n’avez pas la res-source que l’habitude de vivre avec des égaux donneaux particuliers pour juger les hommes; mais aurez-vous plus d’expérience dans huit jours, dans unmois? et faut-il attendre pour vous déterminer quecette expérience tardive soit arrivée?...
« Je vous ai peint tous les maux qu’avait causésla faiblesse du feu roi, je vous ai développé la mar-che des intrigues qui avaient, par degrés, avili sonautorité. J’ose vous prier de relire cette lettre et devous demander si vous voulez courir le risque desmêmes dangers, je dirai même de dangers plusgrands.
« Louis XV avait à quarante ans la plénitude deson autorité, il n’y avait point alors de chaleur dansles esprits. Aucun corps n’avait essayé ses forces;et vous, Sire, vous avez vingt-deux ans, et les par-lements sont déjà plus animés, plus audacieux, plus