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Turgot / par Léon Say
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DISGRACE DE TBIIGOT

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des esclaves couronnés, cest elle qui a fait tous lesmalheurs du dernier règne.

« On vous croit faible, Sire, et il est des occasions jai craint que votre caractère neût ce défaut; jevous ai pourtant vu, dans dautres circonstancesplus délicates, montrer un vrai courage.

« Vous lavez dit, Sire, lexpérience vous manque;vous avez besoin dun guide. Il faut à ce guidelumière et force. M. de Maurepas a la première deces qualités, et il ne peut avoir la seconde sil nalui-même un appui. Il ne le sent pas, il le craintmême; je le vois par le choix quil a en vue et parle peu defforts quil a faits pour vous déterminer enfaveur de labbé de Very. Je vois quil craint précisé-ment ce qui lui donnerait de la force. Il ne sent pasquaprès mavoir isolé, après avoir dégoûté VotreMajesté de moi, et mavoir forcé à vous quitter, toutlorage dirigé maintenant contre moi viendra fondresur lui, et quil finira par succomber en entraînantdans sa chute votre autorité, ou peut-être après lavoirperdue.... Voilà, Sire, vous en êtes; un ministèrefaible et peu uni, tous les esprits en fermentation,les parlements ligués avec toutes les cabales, enhardispar une faiblesse notoire (Votre Majesté a vu, dansune lettre que je lui ai confiée, lexpression biennaïve de leurs pensées), des revenus au-dessous dela dépense, la plus grande résistance à une économieindispensable, nul ensemble, nulle fixité dans lesplans, nul secret dans les résolutions de vos conseils;et cest dans ces circonstances quon propose à Votre