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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
abbati murs et portes par le pays, et le mist en latotale subjection de son beau frere, et en celle bataille 1reprint la croix sainct Andrieu pour ensaigne, Jaqueleles Bourguignons avoient laissée depuis que par suc-cession la seignourie vint au Roy de France, commej’ay dit; et portèrent la croix droicte, tant que Phe-lippe le Hardy vesquit, qui fut moult bon Franchoix.Mais à ceste journée il estoit trespassé ; et reprint sonfllz la croix sainct Andrieu pour ensaigne, qui encoresdure pour l’ensaigne de ceste maison. Ce duc Jehande Bourgoingne mena six mille chevaulx en France etfit son assamblée à l’Arbre Secq, assez près de Paris,et ce pour avoir gouvernement; ce que les aultresprinces de France ne vouloient consentir. Mais il semonstra si puissant qu’il eut le gouvernement, oupartie, du Roy et du royaulme, cjui que le voulsist voir.Ce qui fut au temps que le Roy Charles, le sixiesmede ce nom, estoit en maladie, comme plus à plainpourrez estre adverty par les cronicques de France etaultrement. Ce duc Jehan fut celluy qui, par contre-venge d’emprinsc, fist tuer à Paris le duc Loys d’Or-leans, tierce personne de France, et l’avoa en plainconseil, en sa personne, et là où estoient les principaulxseigneurs et les plus grans princes de France. Et com-bien que le hardement fut grant, sy sont telz outraigesà reprendre et à blasmer, devant tous jeunes princes,car de tele mort moult de maux sont venus au royaulmede France et ès pays de voz ancesseurs et de vous.Et ay cest accident ramentu pour dire vérité et declai-rer les advenlurcs du noble duc Jehan, et principale-
I. « Le duc Jehan de Bourgongne reprit. •