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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
ment affin que vous prenez exemple de fuyr teleseuvres et de non croire sans seure apparence malvaisrappors. Car le duc Jehan crut trop legierement celluyqui rapporta que le duc d’Orléans avoit marchandépour le faire tuer, et sur ce rapport fist executer lecontraire sur la personne de son prochain parent.Et doit tout homme de sain entendement avoir grantregart et advis que legiereté de croire et de seule vou-lenté ne luy face faire chose dont à grant loisir il serepente, car luy et les siens en ont souvent desplaisiret dommaige. Ce duc Jehan, vostre bysayeul, aug-menta, par acquest de ses deniers, la maison de Bour-goingne de la conté de Charolois, laquele il achepta etla paya au conte d’Arminhac qui la possessoit parheritaige ; lequel la vendit pour payer sa ranchon enAngleterre, ce que je n’oubliray point de plus ample-ment ramentevoir en mon second volume 1 2 , et depuisles filz aisnez de la maison de Bourgoingne se sontnommez contes de Charolois, et meismes vous, avantla mort de très vertueuse et de noble mémoire, madameMarie, heritiere et dame de ceste maison et seignourie,vostre mère, et dont vous estes heritier. Et pour vousreciter en brief et vous donner à entendre et cognoistrequel prince fut le duc Jehan, ce fut celluy qui, en lapresence de monseigneur* le daulphin, qui depuis aesté Roy de France, septiesme de ce nom, fut tué etmurdry à Monstriau fault Yonne par les principaulxchambellans et gouverneurs dudit daulphin, qui, à lavérité, estoit de jeune eaige, et toutesfois se vint mettre
1. « En mes mémoires. »
2. « Monsieur. »