MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 167
qu’il conduisit en sa personne. Et, en poursievant sonemprinse, assez tost après à n m combatans 1 il entraen Flandres et marcha jusques devant Bruges, cuidanty avoir entendement et entrée. Et se présenta devantles portes pour y vouloir entrer amiablement, ce quepluseurs bons et notables [bourgeois] eussent bienvolu. Mais les mauvais estoient les plus puissans et nesouffrirent l’ouverture, mais luy refusèrent et direntqu’ilz estoient à vous et ne congnoissoient autre prince.Et ainsy s’en retourna vostre pere par Haynault enBrabant, et ceulx de Bruges, continuant leur obstina-tion , firent morir et décapiter tous ceulx qu’ilz pen-sèrent ou cuiderent estre bons du party de vostre noblepere et qu’ilz porent trouver et prendre, ce qui voussera déclaré plus amplement en mon tiers 2 volume,comme c’est raison. Car je procédé seulement en brief,pour monstrer par ce premier volume 3 les gransaffaires portez et soustenus par vostre noble pere,comme j’ay fait de ses ancesseurs et mesmement desducs de Bourgoingne.
Moult souffrit et endura ce noble prince de vossubjectz, soubz umbre de vous qui estiez en leursmains et povoir en la ville de Gand. Et les gouver-neurs de France entretenoient le jeune Roy franchois enla hayne de ceste maison, [et] faindant de vouloir appai-sier le different d’entre le Roy, vostre pere, et ses sub-jectz rebelles, [envoyèrent] notable ambassade quiriens ne proffita 4 , et furent pluseurs journées tenues
1. « Seulement. »
2. < Second. »
3. « Ce présent escript. »
4. « Envoya. » Ms. n* 2868. « Notables ambassades... profitèrent. »