MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 299
en la lice ; puis mit pied à terre et s’adressa devant leduc de Bourgoingne, son prince et son juge, et aprèsavoir fait la reverence moult doulcement, dist cesparoles ou semblables : « Mon très redoubté et souve-« rain seigneur, je me présente par devant vous« comme mon seigneur et mon juge, pour, à l’aide« de Dieu, faire, fournir et accomplir mes armes à« l’encontre du chevalier, selon le contenu de mes« chappitres, et selon les condictions de l’escu violet« touché par ledit chevalier, vous suppliant en toute« humilité que luy et moy vuillez avoir pour recom-« mandés. » Le duc le recuillit moult doulcement, ets’en alla ledit de Gharny en son pavillon.
Ne demoura guieres après que le seigneur de Bla-mont, pour lors mareschal de Bourgoingne, qui con-duisoit l’ordonnance de la lice, car c’est le droit et lemestier de mareschal, se tira devers le seigneur deCharny, garde du pas, et luy demanda les bastonspour combatre les armes ; car, selon le contenu deschappitres cy dessus escriptz 1 , il et ses compagnonsdévoient livrer les bastons de chascune bastaille. Si luyfurent incontinent livrez, et mis ès mains de deuxroys d’armes, c’est assavoir deux haches semblables,et deux estoetz, que l’on nomme espées d’armes aussi,semblables et pareilles, et furent iceulx bastons portezet présentez au juge, et puis présentez au chevaliervenant de dehors, pour choisir desquelx des deuxmaniérés de bastons il vouloit ses armes accomplir,car en luy en estoit le choix, selon le contenu des
1. » Ainsi que nous avons dit. » Monstrelet donne le texte deces chapitres, ch. cclxxiii, t. VI, p. 68.