NOTICE BIOGRAPHIQUE. X)
pain, vint solliciter un asile de la munificence ducale. Il luidonna, pour sa vie durant, un sien « hostel, appelé le chaf-faul de Saint-Trivier, » dans le village deBragny, près Ver-dun-sur-le-Doubs, le droit de prendre son chauffage dans lesbois du Chaffaul et 60 livres de rente sur la recette de Ver-dun *. Ce ne fut pas tout. Par son testament du 2 jan-vier 1425, Catherine de Bourgogne, duchesse d’Autriche,lui laissa « en récompensation des aggréables services qu’elleluy avoit faits » 200 fr., une robe de velours noir fourréede menu gris et le château de Bragny ! . Malheureusementce dernier rayon de soleil eut à peine le temps de réchauffersa vieillesse.
( Nous nous sommes peut-être trop attardés aux originesde cette race, qui n’eût laissé, malgré ses vertus guerrières,aucune trace dans l’histoire, si l’un de ses membres n’eût eula pensée, alors peu commune, d’allier la plume à l’épée.Mais il n’est pas inutile, d’observer, même dans un miroirrestreint, comment vivaient au moyen âge la plupart desfamilles nobles, qu’on se figure d’ordinaire indépendantes etombrageuses dans leurs manoirs, tenant à distance h la foisle prince et leurs vassaux, reines absolues au sein de leursdomaines dont elles défendaient l’accès jusqu’au suzerain.Ce qui pouvait être vrai de quelques grandes maisons féo-dales ne l’était guère de presque toutes les autres, au moinsde la classe intermédiaire qui, trop peu riche pour s’isoler,pas assez pauvre pour se perdre dans le vilenage, demandaitaux armes, après l’aliment quotidien, le rehaussement deson rang et l’accroissement de sa fortune. Elle se serraitautourdu souverain et, en échange d’unefidélité dans laquelleelle mettait son orgueil, recevait de lui une protection qui
1. Lettres de 1415 ; acte de 1529. (IL 1643.)
2. Dom Plancher, t. III, preuves, p. 233. Patentes du duc en1427 pour payer cette somme, qui fut versée le 22 novombro 1429à Antoine do la Marche, iils do la légataire, alors défunte. (IL 365.)