MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 155
Sire, toutes choses se doivent commencher par lesdivins offices. Et doit avoir ung Roy ung confesseur,prélat, docteur et renommé de bonne vie, et doit estreicclluy prélat aymé et obey du Roy touchant l’estât desa conscience. Et ne tienne point par escript ne autre-ment que qui n’ayme son confesseur et l’a en chierté,cremeur et reverence, à grant peine seroit il obey enses divins commandemens de crainte d’en cheoir enpechié et maléfices. Car qui craint et ayme celluy quile chastie et corrige, il monstre dévotion éternelle ettoute esperance de lavoye de Paradis.
Ung Roy doit avoir ung grant chambellan et le nom-mer premier que tous les autres officiers, pour ce quec ’est le plus prochain de la personne du Roy, et doitconduire la bannière du Roy en bataille. Il doit avoirles seaulx du secret en ses mains et, au regard desgrans seaulx, soit pour previlleigcs, pour paix etpour le fait de la justice, ilz doivent estre ès mains duchancelier ; et doit estre le grant chambellan ung despcincipaulx lieutenans du Roy, et doit estre obey en lamaison comme la personne du Roy.
Ung Roy doit avoir ung connestable, et doit estrelieutenant du Roy en toutes choses et principalement
fait de la guerre. Et se doit faire d’un homme nobleet puissant, et qui puist soustenir et porter oultre 1 es-b*t de son office, tant ce que le Roy luy commandecomme aussy les choses qui peuvent survenir devantluy des affaires du royaulme en l’absence du Roy. IlPeult donner sauf conduitz, il peut cognoistre de gaigede bataille, et mesmement du fait de gaige, affin quePar droit y soit congneu que le gaige est recevable ou( l u d face à rebouter.