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PREFACE.
la partie septentrionale, c’est-à-dire la Lotharingie, fut rattachéeà l’Empire ; la partie méridionale fut unie à l’Empire par unesorte de lien personnel, après que l’empereur Conrad fut devenuroi d’Arles au xi“ siècle. Mais l’empereur dépensa ses forces enItalie ; son pouvoir s’affaiblit au moment où le royaume de Francese fortifiait. Or l’Allemagne n’était pas armée sur celte frontièreoccidentale comme sur l’autre. A l’occident, en effet, elle n’avaitpas affaire à des païens ; il n’y avait point une ligne de sépara-tion, marquée nettement par une différence de langue, de raceet de civilisation. Aussi n’y rencontre-t-on point d’États orga-nisés pour la guerre. Pendant que des margraves gardent lecours de l’Elbe, le Rhin est devenu « la rue des prêtres». Dansces principautés d’archevêques, d'évêques et d’abbés, s’alanguit laforce allemande, si énergique à l’orient. A la lin du xv“ siècle,l’Empire a perdu presque toute son annexe occidentale où laFrance fait de grands progrès.
XV. La formation de la France. — Lorsque la France sedétacha de l’Empire au ix° siècle, elle était, des trois régions im-périales, celle qui semblait le moins près de former une nation.11 n’y avait aucune unité dans ce pays à l’ouest de l’Escaut, de laMeuse et du Rhône. Trois régions y étaient bien marquées : Aqui-tania , Burgondia, Francia; mais chacune d’elles était décomposéeen fiefs laïques et en terres d’Église, et sur les fiefs et terresd’Église, l’autorité ducale, qui était censée représenter l’autoritéroyale, ne s’exerçait qu’à condition que le duc tirât de ses pro-priétés personnelles et des fiefs concédés par lui une force suffi-sante. Le roi, sans domaines, mourant de faim, demandait dansdes actes officiels quels moyens il pourrait bien trouver de vivreavec quelque décence ; il agitait de temps à autre, comme un ton-nerre inutile, au-dessus de ce chaos, la théorie de son autorité.Il était un fantôme solennel égaré au milieu de vivants très gros-siers et très énergiques. Le fantôme alla s’amincissant toujours,mais la royauté ne disparut pas ; on était habitué à son existenceet les gens de ce temps-là n’avaient pas assez d’idées pour ima-giner une révolution.
Par l’élection de Hugues Capet en 987, la royauté redevint uneréalité, parce que le roi, qui était duc des Francs, disposa d’uneforce matérielle suffisante pour faire des progrès rapides. Il estinutile de chercher à se représenter un plan de conduite et une