Buch 
Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
Entstehung
Seite
XXVIII
JPEG-Download
 

XiVIIl

PREFACE.

tional, car la France a commencé à se connaître, au contact del’étranger, comme le moi se révèle au contact du non moi; lahaine du Goddam a enfanté l’amour de la France, ou plutôtl’amour du roi, car le roi personnifie dans sa chair vivante etdans son sang sacré l’idée abstraite de la patrie.

Que l'on compare maintenant ce pays gouverné par un maîtreà l’anarchique Allemagne ou à l’anarchique Italie : ne devait-il pasprévaloir sur elles?

XVI. Progrès de la France dans la zone intermédiaire. —

A peine la royauté capétienne avait-elle touché les limites assi-gnées jadis au royaume de Charles le Chauve, qu’elle entreprenaitsur la zone intermédiaire, où il nous faut à présent revenir. Il sefaisait là un travail dont les conséquences furent considérablesdans l’histoire de l’Europe.

La partie de la zone qui est située entre les Alpes, la Saône, leRhône et la Méditerranée, commença à se décomposer, au tempsmême où les empereurs allemands portaient la couronne d’Arles.Au xiii" siècle, il n’y a plus de roi d’Arles, et ce pays fut alors plusdésordonné encore que l’Allemagne et l’Italie, car il ne s’y trouvaitplus même de titulaire royal qui représentât au moins en théoriele royaume. Les principautés et les villes acquirent une véritablesouveraineté, et personne n’eut qualité pour barrer la route auroi de France. Dès le xiii" siècle, la plus importante des princi-pautés, le marquisat de Provence, entrait dans la maison capé-tienne; à la fin du xv° siècle, elle était directement réunie à lacouronne, qui avait acquis d’autre part Lyon et le Dauphiné. AinsiLyon, la grande ville romaine, siège du primat des Gaules, Arlesl’ancienne capitale du royaume de Bourgogne, Marseille, la plusvieille cité de la Gaule, étaient devenues villes françaises. Mais laFrance ne fit pas alors d’acquisitions dans la partie septentrionalede la Bourgogne. Là se trouvaient le comté de Bourgogne, ouFranche-Comté, puis une région enchevêtrée de principautés etde villes, où se formèrent quelques-uns des cantons suisses et lecomté de Savoie.

La confédération suisse, souabe d’origine, a reçu en Souabe,puis en Italie, ses premiers accroissements, mais elle commençait,vers la fin du xv” siècle, à s’étendre dans la haute vallée du Rhône.KUe perdait son caractère germanique pour devenir une chosetui generis, une ligue de paysans et de villes, s’étendant sur des