PREFACE.
XL!
grante de la France. Cette acquisition fit briller quelque gloire surles derniers jours de la monarchie.
VII. Les Provinces laissées sous la domination des Habs-bourgs. —Franche-Comté, Alsace, Lorraine, Artois, Flandre fran-çaise, telle fut la part de la France dans la zone intermédiaire :le reste lui échappa, mais l’Espagne ne garda point les Pays-Bas,et ceux-ci ne demeurèrent pas unis. Malgré la contiguïté géogra-phique, il y avait entre ces dix-sept provinces, les unes maritimeset les autres continentales, les unes riches et les autres pauvres,les unes bourgeoises et les autres féodales, les unes germaniqueset les autres wallonnes, de trop grandes différences pour qu’il s’yformât une vie commune. Dans chacune des provinces et danschacun des fragments dont elle se composait, fiefs, communes,corporations, la vie était trop intense pour que toutes ces âmesparticulières s’accommodassent longtemps du système de la mo-narchie des Habsbourgs.
Elles le supportèrent pourtant du vivant de Charles-Quint. Plusvaste était la monarchie, plus divers les éléments dont elle secomposait, moins était à redouter l’oppression d’une volontéabsolue. Charles-Quint eut d’ailleurs le grand mérite de réfléchirên ldi, pour ainsi dire, toutes les variétés de son empire ; il par-lait toutes les langues et savait être, selon l’occurrence, empereur,roi, comte, gentilhomme ou bourgeois. Mais lorsque Charles-Quintdétacha les Pays-Bas de l’Empire, pour les donner à son fils, le roid’Espagne, on vit les funestes conséquences de la politique desmariages.
L’union de Maximilien d’Autriche avec la fille du BourguignonCharles le Téméraire se comprenait, car les États de Bourgogneétaient limitrophes de l’Empire; ils étaient, pour une bonne part,pays d’Empire et pays germaniques, et cette alliance entre voisinsne faisait pas trop de violence aux choses. Charles-Quint, pro-priétaire des Pays-Bas par le droit héréditaire, en était aussi lesouverain en sa qualité d’empereur. Mais lorsqu’en vertu du seuldroit de propriété, et pour satisfaire aux convenances d’unefamille, les Pays-Bas furent attribués à un roi espagnol et italien,violence fut faite aux choses qui se défendirent.
VIII. Indépendance et puissance des Provinces-Unies. —La résistance politique opposée par les Pays-Bas au despotismeespagnol qui violait leurs antiques privilèges se compliqua de la