Buch 
Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
Entstehung
Seite
XLVIII
JPEG-Download
 

XL'.UI

PRÉFACE.

qui s’imposait et quii fut suivi. Magdebourg, Halberstadt et Minden,acquis en 1648, manquèrent des étapes sur la route du Rhin. LaPoméranie, acquise en deux fois, -donna un littoral au Brande-bourg. Après la coraquête de la Silésie, il eut l'appui de la mon-tagne. Après la spoliation de la Pologne, le Brandebourg et laPrusse, ces deux parties essentielles de l’État, furent soudésensemble.

XIV. Le caractère de l’État prussien. — Même après cesannexions, l’État des Ilohenzollern était un édifice singulier, com-posé d'un corps principal et de deux ailes, dont l’une s’allongeait,rompue en fragments, jusqu'au Rhin, et l’autre jusqu'au Niémen;mais le gouvernement faisait l’unité. Des princes, dont les terri-toires étaient des .champs de bataille, ne pouvaient pas ne pasêtre des autocrates militaires, exigeant de leurs sujets l’obéissancepassive. Nicht raisonniren, ici on ne raisonne pas : telle était leurdevise. 11 fallait bien qu’ils fussent économes, mais leur économien’était point inintelligente : c’était la mise en valeur de toutes lesforces productives. Et dans cette Allemagne, où les moindrespotentats mettaient leur honneur à imiter les splendeurs et lesvices de Versailles, les patriotes regardaient avec orgueil cesprinces toujours peinant, et qui se vantaient d’étre les premiersserviteurs de leur État.

D’ailleurs, les Ilohenzollern étaient distingués, entre les princesallemands, par une dignité supérieure. L’Ordre teutonique,lorsqu’ilavait été vaincu par le roi de Pologne, avait dû se reconnaîtreson vassal, et le duc de Prusse, successeur de l’Ordre, lui faisaithommage; mais les électeurs de Brandebourg, devenus ducs dePrusse, voulurent s’affranchir de cet humiliant devoir. Une guerreayant éclaté entre les rois de Suède et de Pologne, au lendemainde la paix de Westphalie, l’électeur-duc promena sa fidélité del’un à l’autre, c’est-à-dire qu’il trahit l’un après l’autre, pourobtenir de tous les deux la reconnaissance de sa souveraineté.La guerre finie, il fut, en effet, un souverain. Vassal de l’em-pereur en Allemagne, il fut son maître au delà de la Vistule, et ily eut un coin de la terre où le Holienzollern n’eut au-dessus de satête personne, excepté Dieu. Cette acquisition de la souverainetéen territoire étranger permit à l’électeur de Brandebourg d’aspirerau titre royal : il l’obtint, au début du xviu e siècle. Il est vrai queplusieurs princes allemands devinrent ainsi souverains hors de