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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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XLIX
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PRÉFACE.

XLIX

l’Allemagne : les électeurs de Hanovre, par exemple, devinrentrois d’Angleterre, et les électeurs de Saxe, rois de Pologne ; maisl’électeur, ici, se perdit dans le roi, au lieu que dans l’élecfeur deBrandebourg, roi de Prusse, l’électeur resta le personnage impor-tant, et tira de sa royauté une force plus grande pour soutenir saqualité de prince allemand. Le conflit, depuis longtemps commencéentre le Brandebourg et l’Autriche, devint plus aigu. Le vieilleopposition entre l’Allemagne du Nord et l’Allemagne du Sud se ré-veilla. Le Hohenzollern protestant fut pour le Habsbourg catholiqueun rival, modeste d’abord, mais que les victoires de Frédéric II,remportées sur le Habsbourg et ses puissants alliés, firent trèsgrand et en Allemagne et en Europe.

XV. L’Autriche : empire des Habsbourgs. — Nous avonslaissé l’Autriche au moment où le domaine patrimonial de lamaison se composait de l'Autriche, de la Styrie, du Tyrol. de laCarinthie et de Trieste. Ce domaine était partie allemand, partieslave, partie italien. Déjà très varié, il formait comme les assisesde cette future tour de Babel au pied de laquelle devait éclaterde nos jours la confusion des langues. Quatre causes déterminè-rent la fortune moderne des Habsbourgs : les mariages qui firentde Charle§=Quint l’héritier de la maison de Bourgogne et des cou-ronnes espagnoles; la fidélité de l’Autriche au catholicisme, quifit d’elle la principale adversaire de la Réforme et des Réformés ; lacoutume qui s’établit en Allemagne de toujours donner l’Empire àun Autrichien; enfin l’acquisition de la Bohême et de la Ibngrieau xvi" siècle et d’une partie de la Pologne au xvm". C’est la rtuniondes héritages autrichien, bourguignon et espagnol qui a mis auxprises les Habsbourgs et les Bourbons. C’est parce que l’Autriche aété le champion du catholicisme, que la France a trou'é desalliés en Allemagne, qu’elle a pu y porter la guerre et aider lesprinces allemands à devenir de petits souverains. L’office impériala donné quelque cohésion au disparate ensemble de la monirchie.Enfin l’acquisition de la Bohême, de la Hongrie et d’une partie dela Pologne a marqué l’Autriche de ce caractère, qu’elle a gardé,d’un État de transition, si l’on peut dire, entre l’Europe occi-dentale et l’Europe orientale.

Nous avons déjà exposé au cours de cette dissertation les vicis-situdes de l’histoire de cette maison. Il suffira de rappeler qu’à lafin du xvin* siècle, l’Autriche a perdu la Silésie, gagnée par la