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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LA GRÈCE El LES COLONIES GRECQUES

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II

GRÈCE INSULAIRE ET ASIATIQUE

Étendue de l’Hellade continue en Europe. —

C’est cette partie franchement péninsulaire de la presqu’îleorientale qui constituait la Grèce propre, celle que lesgéographes anciens appelaient Hellade continue, par opposi-tion aux colonies grecques établies en pays barbares. Ce-pendant la Grèce continue ne se bornait pas là. Les îlesvoisines en faisaient partie, et les autres côtes de la merÉgée, aussi bien celles d’Asie que celles de Thrace, étaienttellement couvertes de colonies grecques, qu’on peut toutau moins les considérer comme appartenant au monde grecimmédiat. Si nous passons maintenant à la côte occidentale,nous voyons que, n’ayant pas un caractère péninsulaireaussi marqué, elle doit également être moins insulaire, etde fait, les îles de ce côté n’eurent jamais la même impor-tance que celles de la mer Égée. Seules les îles qui portentmaintenant le nom d’iles Ioniennes doivent à tous les pointsde vue être rattachées à la Grèce, car au nord de Corcyre ouCorfou, il n’y eut jamais, soit sur le continent, soit dansles îles, que des colonies grecques détachées. Toutes lesîles de la mer Égée, au contraire, furent, à partir des tempshistoriques, aussi grecques que le continent. Parmi elles,d'ailleurs, la grande île qui portait le nom d ’Eube'e pour-rait presque être regardée comme reliée à la terre ferme,et il en est de même sur la côte ouest pour l’île de Leu-cade. Toutes deux, on peut le dire, sont aussi bien des pres-qu’îles que des îles séparées de la terreferme. Signalons en-core la plus éloignée, vers le sud, des terres franchementgrecques, la longue et étroite île de Crète, qui forme une