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LA GRÈCE ET LES COLONIES GRECQUES.
sorte de barrière entre les eaux grecques et les eaux bar-bares. En effet, l’île de Sicile à l’est, et l’ile de Chypre àl’ouest, ne devinrent jamais, malgré leurs nombreuses colo-nies, aussi grecques que la Crète et les îles que l’on trouveen remontant vers le nord. La Crète est donc le plus mé-ridional des pays purement grecs.
Asie Mineure. — Mais en dehors des péninsules etdes îles européennes, il est une partie de l’Asie que l’ondoit considérer comme appartenant au monde grec immé-diat, bien que strictement elle ne fît pas partie de la Grècecontinue. La péninsule connue sous le nom d’Asie Mineurene peut être séparée de l’Europe, aussi bien dans sa géogra-phie que dans son histoire. Sa masse centrale n’a rien, oupresque rien à voir avec notre sujet; mais ses côtes fontpartie du monde grec, et celles qui touchent à la mer Égéeétaient presque aussi grecques que l’IIellade continue et lesîles qui s’y rattachent. Tout fait supposer que la côte occiden-tale de l’Asie Mineure était habitée par des nations se rap-prochant plus ou moins des Grecs, comme celles qui étaientrépandues au nord de l’Hellade; en outre, elle présente lecaractère géographique de la Grèce européenne, car nousy voyons quantité de bras de mer et de promontoires, etles îles abondent également près du littoral. Le terrainétait donc très favorable à la colonisation, et des citésgrecques s’élevèrent dans les îles et sur les points lesmieux situés de la côte. L’influence de ces villes, cependant,ne s’étendit jamais bien loin dans l’intérieur des terres, etla côte elle-même ne devint jamais aussi franchement grec-que que les îles. Quant aux côtes de l’Asie Mineure qui sontbaignées au nord par le Pont-Euxin, et à celles qui, au sudde la mer Égée, forment un littoral plus spécialement mé-diterranéen, nous y voyons bien aussi des colonies grec-ques, mais elles n’ont pas ce caractère immédiatement grecde la côte occidentale, et l’on peut dire qu’en général ellessont des pays barbares.