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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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FORMATION DE L'EMPIRE ROMAIN.

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ceux de l’ouest, où la langue latine était la langue dominante.Mais entre tous ces pays de langue grecque, il y a des dis-tinctions assez importantes à établir. On trouvait en pre-mière ligne la Grèce proprement dite avec ses Colonies et lespays qui, comme YÉpire, étaient devenus complètementgrecs. Il y avait ensuite des royaumes, tels que ceux deMacédoine en Europe, et de Pergame en Asie, qui avaientadopté la langue et la civilisation grecques, sans jamais ce-pendant avoir appartenu politiquement, comme l’Epire,à la Grèce. Troisièmement, il y avait un certain nombred’États indigènes, tels que la Bithynie, dont les roisessayèrent également de se façonner aux usages des Grecs,sans pouvoir naturellement y réussir comme les rois deMacédoine et de Pergame. Quatrièmement, au delà du montTaurus, les royaumes de Syrie et d’Égypte, gouvernés pardes rois macédoniens comprenaient de grandes cités grec-ques ou macédoniennes telles qu Antioche et Alexandrie ;mais l’influence de la Grèce d’abord, et de Rome ensuite, neput jamais effacer complètement toute trace d’une civilisa-tion encore plus ancienne, ni faire disparaître les languesindigènes de ces pays. Nous verrons, en poursuivant, que leTaurus constitue une grande frontière historique. Tous lespays situés en deçà finirent par adopter définitivement lalangue grecque et la législation romaine, tandis qu’au delà,les éléments grecs et romains, tout à fait superficiels, dispa-rurent complètement, comme en Afrique, devant l’invasiondes Sarrasins 1 . De tous ces pays situés à l’est de l’Adriatique,nous allons maintenant parcourir ceux qui devinrent pro-vinces romaines pendant la durée de la république ro-maine.

Conquête de l’Illyrie et de la Dalmatie(339 à 34 av. J.-C.). — Entre ces deux parties, latine et

1. En examinant l’histoire de plus près, on voit que l’Afrique latine résistaaux Sarrasins plus longtemps que la Syrie et l’Égypte. Mais, en ce qui nousconcerne, nous pouvons très bien les réunir pour les opposer à ces pays qui,en Europe et en Asie, restèrent toujours romains ou grecs. (Note de l’auteur.)