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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LE DEMEMBREMENT DE L’EMPIRE.

avoir été trahis par eux. Nous les voyons alors parcourir etravager l’empire d’Orient, sans rien fonder toutefois dedurable avant d’arriver dans l’empire d’Occident. En fait,on peut dire que les Gotlis et les tribus teutoniques engénéral n’avaient aucune mission réelle en Orient, lequelfut seulement la grande voie qui devait les conduire en Oc-cident. Toute cette carrière d’Alaric parcourant la Grèce,l’Illyrie et l’Italie, finissant après plusieurs sièges par pren-dre Rome, est historiquement de la plus grande importance,mais la carte n'a subi pour cela aucun changement. LesGolhs 11e commencèrent à séjourner et à occuper une placesur la carte qu’après avoir quitté l’Italie pour s’établir dansles provinces les plus reculées de l’Occident.

Fondation du royaume des Visigoths (41 S).Alains, Suèves et Vandales en Espagne. —Athaulf, le successeur d’Alaric, jeta les bases de ce grandroyaume des Visigoths, que nous pouvons considérer commespécialement espagnol, bien que son origine première fûten Gaule, et qu’il conservât jusqu’à la fin une certaine partiede territoire gaulois. La situation des Goths, dans tous cespays, n’était pas celle de véritables conquérants cherchantouvertement à fonder un état goth; ils y étaient venuscomme soldats de l’empire, chargés de recouvrer les pro-vinces que celui-ci avait perdues, provinces alors occupéesou ravagées par les Suèves, les Vandales et les Alains. Quantà ces derniers, ils formaient une race qui n’a pas laisséque d’embarrasser les historiens, et sur laquelle on a faitles suppositions les plus contradictoires. Dans tous les cas,il est certain que s’ils appartenaient à la race aryenne,ils n’étaient sûrement pas de la famille teutonique, et ilssubirent dans une grande mesure l’influence des Goths. Aucommencement du cinquième siècle, ils possédaient l’Es-pagne centrale d’une mer à l’autre, mais ils furent forcésau bout de peu de temps de l’abandonner aux Suèves;ceux-ci s’étaient déjà rendus maîtres de toute la partienord-ouest de la péninsule, et ils s’y maintinrent long-