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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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I.E DÉMEMBREMENT DE L'EMPIRE.

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Clovis (481-511), la suprématie dans le nord de la Gauleet la Germanie centrale. Leur territoire comprenait des paysqui avaient fait partie de l’Empire, et d’autres qui n’avaientjamais été dans ce cas. C’est là une des choses qui carac-térisent spécialement les établissements francs, et elle eutune grande influence sur leur histoire postérieure.

11 y eut dès l’origine, longtemps avant qu’une telle dis-tinction fût établie sciemment, une Francia teutonique etune Francia latine. 11 y avait, à l’est, des pays francs quin’avaient jamais été romains; il y avait dans le nord de laGaule des pays qui restaient réellement romains sous ladomination franque. Entre les deux, sur la rive gauche duRhin, se trouvaient les pays tcutoniques qui avaient faitpartie de la province romaine de Gaule, mais qui étaientalors redevenus teutoniques ; Mogunliacum, Angusta Trevero-rum et Colonia Agrippina, toutes villes fondées en pays teu-toniques, redevinrent germaniques, et, sous les noms deMayence, Trêves, et Cologne, elles devaient prendre, avec letemps, rang de villes métropolitaines et électorales en Alle-magne. Toute cette région, avec celle qui avait toujours étégermanique, formait la Francia orientale ou teutonique, etla population y était réellement composée de Francs, ou deGermains leurs alliés ou leurs sujets. Quanta la Francia oc-cidentale, celle qui était comprise entre la Loire et la Manche,les Francs y étaient largement établis et y firent sentir leurinfluence de bien des façons ; malgré cela, le gros de la popu-lation était resté romain.

Sur Y Armorique, cette péninsule qui forme l’extrémitéoccidentale de la Gaule, la domination des Francs fut toujoursprécaire et tout au plus extérieure. La population indigène yconserva toujours sa langue celtique; elle se'trouva renforcéeplus tard par des colonies venues de l’ile de Bretagne, d’oùle nom de Petite Bretagne donné dans la suite à cette région.

Ainsi, à la fin du cinquième siècle, la domination franqueétait solidement établie sur toute la Germanie centrale et lenord de la Gaule, et, pour une raison facile à saisir, elle était