LE DÉMEMBREMENT DE L'EMPIRE.
99
V
L’EMPIRE D’ORIENT MI4-420)
Fluctuations de la frontière de l’Fmpire enAsie, du deuxième au cinquième siècle. — Nousavons vu qu’à l’opposé de ce qui s’était passé pour l’empired’Occident, les armées ou plutôt les nations teutoniques quis’étaient ruées sur l’empire d’Orient, n’avaient fait que le tra-verser sans s’y établir d’une manière durable. C’est à peinesi l’établissement des Goths Tétraxites dans la ChersonnèseTaurique peut passer pour une exception, car le pays se trou-vait bien plutôt allié que partie intégrante de l’Empire. Cequi donne, comme nous l’avons vu, un caractère particulier àl’histoire de l’empire d’Orient, c’est la longue lutte entrel’Orient et l’Occident dans laquelle Rome avait hérité dela mission d’Alexandre et des Séleucides représentants dela civilisation occidentale, comme elle devait se faire plustard celui de la chrétienté contre le paganisme d’abord,et l’islamisme ensuite. Cette histoire comprend, entre autresévénements de la plus grande importance, le relèvement dela nation Perse après quelle se fut affranchie du joug desParthes (226 ap. J.-C.). Mais au point de vue de l’histoireromaine, le rival n’avait fait que changer de nom, et quel’ennemi à combattre fût un descendant d’Assakès ou d’Ar-taxerxès, c’est toujours la même histoire qui se continue.En dehors de la rivalité naturelle qui existait entre deuxgrandes puissances placées ainsi l’une vis-à-vis de l’autre,il y avait encore une cause incessante de disputes dans leroyaume limitrophe d’Arménie, nom qui a bien souvent changéde signification et d’importance, comme plus tard la Bour-gogne et l’Autriche.