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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LE ROYAUME DE GERMANIE.

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ment se présenter pour la France de faire de nouveaux progrèsdans un pays où la frontière était si compliquée, et danslequel les droits à exercer pouvaient faire surgir tant de dif-ficultés. Une série d’annexions, de réunions comme on di-sait alors, rendirent graduellement française presque toutel’Alsace (1679-1689) ; Strasbourg fut saisie par Louis XIVen temps de paix (1681), et pendant les guerres de ceprince, le duché de Lorraine fut occupé par la France(1678-1697). Dans le siècle suivant, le môme duché futséparé de l’empire pour être donné au roi de PologneStanislas sa vie durant (1757-1766); après quoi il fut défini-tivement annexé à la France. Enfin les guerres de la Dévo-lution française enlevèrent à l’Allemagne et à l’Empire toutela rive gauche du llhin, et ce résultat fut confirmé par lapaix de Lunéville (1801). En d’autres termes, la Franciaoccidentale, le duché des seigneurs de Paris, s’avança jus-qu'à la limite la plus reculée de la Gaule de César. Ce fut ladernière annexion de la France aux dépens du royaumegermanique et la cause principale de la dissolution de ceroyaume, dissolution qui devait arriver quelques annéesplus tard (1806); il s’ensuivit d’ailleurs une transformationcomplète de l’Allemagne dont nous parlerons bientôt.

Frontières du côté de la, Bourgogne et del’Italie. — Tant que l’Allemagne et la Bourgogne restèrentdes royaumes distincts, la frontière qui les séparait variabeaucoup, particulièrement dans les pays qui forment main-tenant la Suisse; mais, lorsque le royaume de Bourgognefut réuni à l’Empire en 1055, cette frontière n’eut plus enréalité d’importance. Dans l’histoire postérieure de la Bour-gogne, histoire qui trouvera sa place dans un autre chapitre,nous verrons que la plus grande partie de ce royaume a étéincorporée à la France, et que le reste a contribué à formerles cantons occidentaux de la confédération suisse.

Du côté de l’Italie, la frontière se trouvait parfois assezincertaine. Chiavenna par exemple apparaît quelquefois auxdixième et onzième siècles comme faisant partie de l’Aile-