LE ROYAUME DE GERMANIE.
201
de Prusse. Cette augmentation de territoire, jointe à d’autres,rendit le Brandebourg aussi manifestement le premier Étatdu nord de l’Allemagne que l’Autriche l’était au sud, etau dix-huitième siècle la rivalité de ces deux États devintle centre principal de la politique européenne commede la politique allemande. L’union sous un même prince(1715) de l’électorat de Hanovre et du royaume de laGrande-Bretagne, augmenta encore le nombre des prin-ces régnant à la fois en dedans et en dehors de l’Alle-magne.
Enfin, les guerres des dernières années du dix-huitièmesiècle et du commencement du dix-neuvième ont entraînéla dissolution du royaume germanique et du saint-empireromain. Alors, après un temps de confusion et d’occupationétrangère, nous voyons se former une confédération ayantdes frontières presque semblables à celles qu’avait le royaumedans les dernières années de son existence. Cette confédéra-tion cependant apparaît comme quelque chose de tout à faitsubordonné à ses deux membres principaux. L’Allemagne,en tant qu’Allemagne, ne compte plus en Europe commeune grande puissance; par contre, la Prusse et l’Autriche,les deux principaux États de cette confédération, s’étendentsur des pays à la fois allemands et non-allemands, et oc-cupent chacun un rang élevé en Europe.
Plus récemment encore, nous venons d’assister à la res-tauration d’un Empire d’Allemagne avec des frontièresgéographiques complètement nouvelles, et ne comprenantplus tous les pays germaniques situés au sud-est tandisqu’il renferme au nord-est toutes les provinces polonaiseset autres non-allemandes qui appartenaient à la Prusse. Latâche du géographe se trouve par suite considérablementsimplifiée. Jusqu’alors il avait, entre autres difficultés, àmontrer sur la carte quelle était l’étendue du royaume oude la confédération germanique, quels étaient les pays queles princes qui régnaient en dehors de l’Allemagne occu-paient à la fois au dedans et au dehors de celle-ci. Par suite