I.’EMl'IRE OTTOMAN.
de la côte de l’Adrialique, et ce n’est plus le talon et la botteseulement, mais toute l'Italie méridionale qui admet sa do-mination, ainsi que toute la Grèce. Mais l’empire a mainte-nant de nouveaux voisins. Des Touraniens, les Magyars, sontétablis sur le Danube, et d’autres nations de la même famillese pressent à leur suite. Les Russes, c’est-à-dire des Slavesgouvernés par des Scandinaves, menacent l’empire par mer.
La dernière année du dixième siècle (1000) nous montrela Sicile entièrement perdue, mais la Crète et Chypre recon-quises; la Cilicie et la Syrie septentrionale sont acquises àl’empire ; la Bulgarie, recouvrée dans l’intervalle, est denouveau reperdue. L’établissement des Russes sur le Danubeest reculé de huit cents ans ; la grande lutte qui décidera sila péninsule du sud-est appartiendra au Slave ou au Romaind’Orient se continue.
La domination de la nouvelle Rome atteint un moment auonzième siècle son plus grand développement (vers 1040).L’Europe au sud du Danube et de ses grands tributaires,l’Asie jusqu’au Caucase et presque jusqu’à la Caspienne,forment une domination compacte, s’étendant depuis lesîles de la Vénétie jusqu'aux antiques cités phéniciennes.En Italie et dans les îles, les possessions impériales n’ontpas varié, et des conquêtes en Sicile viennent un momenLs’y ajouter.
Un demi-siècle plus tard (vers 1090), nous voyons au con-traire l’empire terriblement entamé par d’anciens et denouveaux ennemis. Le Serbe recouvre son propre pays, et leSarrasin reprend la Sicile. Le Normand réduit la domina-tion impériale en Italie à la suzeraineté nominale de Naples,la dernière des villes grecques en Occident comme Cumesavait été la première; pendant un moment il prend mêmepied à l’est de l'Adriatique, et il enlève Corfou et Durazzo aumonde oriental, comme Rome avait fait treize siècles aupa-ravant. Le Turc s’empare des provinces intérieures del’Asie; il plante son trône à Nicée, et ne laisse à l’empire euAsie qu’une bande de littoral sur l’Euxin et sur la mer Égée.