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créateur bizarre, mais ingénieux du grand art ? Etle mystique Suédois qui, au milieu de ses rêveries,conservant toute la lucidité de sa raison, donnait,dans l’administration à laquelle il était attaché, lespreuves d’une capacité qui lui valut les plus hautesdistinctions? Ou bien enfin, l’auteur de ces pagesimmortelles, dans lesquelles la profondeur des pen-sées s’unit au plus sublime bon sens (1)? Y a-t-il,je le demande, identité entre les faits que je rappelleici et les visions délirantes d’un Charles VI ou d’unCharles IX ?
(l) M. de Sainte-Beuve après avoir protesté, u au nom du bon sens etdu bon goût, contre les physiologistes qui réclament l’auteur des Pro-vinciales comme un de leurs malades, n ajoute : u sans nier les singu-liers accidents nerveux de Pascal et leur contre-coup sur son humeurou sur sa pensée, ce qui nous paraît positif, c’est que, si malade desnerfs qu’on le voie, il demeure jusqu’à la fin dans l’intégrité de sa con-science morale et de son entendement. Le reste nous échappe, » ( Port-Royal ., t. 3.) Ce grand homme disait que depuis l’âge de dix-huit ans,il n’avait pas passé un seul jour sans souffrir. ( Id ., ibid.) Ce n’estdonc pas seulement à son accident du pont de Neuilly qu’il faudrait faireremonter sa prétendue folie, ou l’hallucination qui s’ensuivit. C’est ce quiressort très-bien, d’ailleurs, de l’analyse physiologique de son tempé-rament, et des détails circonstanciés dans lesquels entre l’éminent cri-tique. Quant à sa croyance à la diablerie, comment y trouver la preuved’une aberration d’esprit, quand on voit jusque dans le milieu du xvm esiècle, les médecins admettre, dans leurs rapports en justice, les pos-sessions démoniaques? (V. Devaux, VArt de faire des rapports enchirurtjie, Paris, 1745.)
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