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L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
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l’objectivité ou à la réalité extérieure des hallucinations,n’est pas la marque infaillible d’un esprit aliéné ; etM. Morel lui-même n’est nullement tenté, j’en suiscertain, d’admettre une lésion des facultés mentaleschez Jeanne d’Arc, bien que celle-ci crût fermement àses apparitions. Il pourrait peut-être en être ainsi deshallucinés de notre temps, de ceux au moins auxquelson sait quelque culture d’esprit. Quel homme, ayantreçu une certaine éducation, ignore aujourd’hui quece sont là des phénomènes cérébraux avec surexci-tation particulière ou état congeslionnel de ce viscère,soit par des causes physiques, telles que certaines sub-stances loxicantes; soit par des causes morales, tellesqu’une idée, une passion dominantes, la tension ou laconcentration de nos facultés psychiques sur un tra-vail abstrait, sur les phénomènes de l’ordre surna-turel, etc. Mais il n’en a pas été toujours ainsi. 11 nefaut pas oublier qu’à certaines époques, l’hallucinationfut regardée comme un des modes de communicationde l’âme avec le monde des esprits. C’est ce qui faisaitdire à Leuret : qu’avec les mêmes idées, on pouvaitêtre regardé comme sensé ou comme fou, selon lestemps, les lieux, les mœurs, les préjugés religieux, etc.,la raison générale étant, en quelque sorte, la mesurede la folie des autres. Regardera-t-on, par exemple,