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L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
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comme des fous ou comme des imposteurs, ces hommesde génie, ces grands conducteurs des peuples au débutde leur histoire, qui en se disant les envoyés de Dieuet inspirés directement par lui, parlaient, agissaient,sentaient comme les masses ? il est, en effet, descroyances tellement en harmonie avec l’atmosphèremorale dans lequel elles se développent, qu’on peutconsidérer comme les représentants de leur temps lespuissantes individualités en lesquelles ces croyancess’identifient ou se résument. Tels Moïse, Numa, Minos,Lycurgue, Pythagore, Mahomet, Jeanne elle-même,et leurs voix d’en haut. Ainsi, à l’époque où apparutl’héroïque enfant qui devait sauver la France, devagues pressentiments couraient parmi le peuple. « IIrégnait, dit M. Martin, une de ces grandes attentes quiappellent et suscitent les prodiges attendus. De mêmequ’à toutes les époques de fermentation religieuse, lesextatiques se multipliaient à la suite des prédicateurserrants; et l’idée que la France serait sauvée par unefemme s’accréditaitdejourenjour.» ( Ilist. de France,t. 16.) Des prophéties même répandues sous le nomde l’enchanteur Myrdhinn ou Merlin, l’oracle du moyenâge, annonçaient que « des marches de Lorraine, prèsdu bois Chesnu, sortirait une fille qui foulerait auxpieds les archers bretons, et délivrerait la France. »