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L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
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génie, puisse sortir parfois une perturbation plus oumoins profonde des facultés mentales, si le systèmenerveux n’est pas assez puissamment organisé pourrésister à cette tension périlleuse des forces vitalesdans un même organe, c’est ce dont l’histoire de beau-coup de grands hommes ne nous permet pas malheu-reusement de douter. Qui ne connaît ces nobles etdéplorables victimes d’une incurable hypocondrie, oude tristes monomanies, les J.-J. Rousseau, les Zim-mermann , les Swift, les Ben-Johnson, les WilliamCooper, les Chatterton, les Kleist, les Gérard deNerval, etc., dans les souffrances physiques et moralesdesquels on trouve l’explication de celte exaltationpassagère entremêlée de tristesse ou d’accablement, deces bizarreries, de ces hallucinations, de cette amèremisanthropie qui inspire leurs pages les plus éloquentes,et leur fait croire qu’ils sont sans cesse en butte auxpersécutions d’ennemis acharnés à leur perte. Il y alongtemps qu’Àristote a dit : « million magnum inge-nium sine mixturâ dementiœ. » Mais faut-il prendreà la lettre cette sentence un peu bien absolue, et nereste-t-il qu’à se ranger sous la bannière des médecinsspécialistes qui ne voient dans le génie que l’effet d’uneinfirmité corporelle, une névrose? Cette doctrine n’esl-elîe pas autre chose, an moins pour un certain nombre