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L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
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de cas, qu’une application du sophisme cum hoc oupost hoc , ergb propler hoc ? Il est, disait Réveillé—Parise, des organisations qui s’usent rapidement sousl’action d’une intelligence trop active. Leurs nerfs sonttrop fortement excités pour que l’équilibre se main-tienne; la vie semble se réfugier dans le cerveau.Mais cet organe, à son tour, incapable de supporterce flot continuel d’impressions violentes, de sentimentsextrêmes, d’idées tumultueuses, s’affaiblit et se dé-tériore plus ou moins rapidement (1). Néanmoins,dans ces cas-là même, ajoute le sagace observateur :« Il y a toujours un intervalle profond, un hiatus in-

(l) C’est ce que l’on observe, comme l’a judicieusement remarquéM. Nisard, chez les jeunes gens qui s’abandonnent de trop bonne heureà la passion d’écrire, u On cite des morts prématurées par suite d’am-bitions précoces et d’ardeurs littéraires, ayant mis le transport dans dejeunes têtes. La médecine parle aussi de folies occasionnées par lafatigue des organes de l’intelligence. » (Etudes sur les poètes latins dela décadence, t. 1.) M. Sainte-Beuve dit plus poétiquement, à proposde Pascal : u Ces grandes facultés spéciales sont au dedans de ceux quiles possèdent, comme des coursiers le plus souvent indomptés, et quiemportent après eux leur char et leur Hippolyte. ... ; et, ajoute-t-il,le coursier peut tuer le corps , s’il ne peut venir à bout de mener l’àme. u(■ Port-Royal , t 2.) C’est l’histoire du poète Gilbert, qu’une intéressanteélude de M. le conseiller Salmon (de Metz) nous montre s’acheminantfatalement vers l’affection cérébrale qui termina ses jours, par suite deses efforts désordonnés pour arracher à la fièvre nocturne de l’inspirationces vers, qui dénotent souvent par leur emphase et leurs bizarreriesune surexcitation maladive chez leur auteur.