154 —
confond avec les conditions de la vie, et que si vivren’est pas nécessairement sentir, on ne peut pas sentirsans vivre (1). » L’auteur reconnaît qu’il se passe làquelque chose de bien merveilleux, « mais d’une tellemerveille, que s’imaginer qu’on le saura jamais, seraitbien plus merveilleux encore. » (T. I, p. 274.)
En un mot, pour résumer toute la pensée de l’au-teur à ce sujet : « l’organe, la condition dernière d’unesensation quelconque, c’est tout le système nerveuxcentral, et le cerveau avant tout. Aussitôt qu’on s’é-loigne de l’origine même des nerfs des sens, et sur-tout des nerfs spéciaux, on effectue, comme l’a faitremarquer M. Longet des organes prétendus centrauxou cérébraux de ces sens, des déterminations quen’autorisent ni l’anatomie, ni la physiologie, ni mêmela psychologie. » (P. 242.)
SL Lélut prend occasion des hypothèses aventu-reuses imaginées en vue d’expliquer la sensibilitéexterne, pour battre en brèche ce procédé philoso-phique, qui loin de servir à l’avancement de lascience, retarderait, selon lui, ses progrès ; la rendrait
(1) C’est dans le même sens que l’auteur dit ailleurs : « Il y a telpoint 4u centre nerveux encéphalique dont la lésion tue du même coup,et avec la rapidité de la foudre, la pensée et la vie, la pensée mêmeavant la vie. » (T. I, p, 4.)