intarissable, qu’en lui promettant que je me chargerais desa mission, lorsqu’il irait mieux.
2 e Observation. C..., sous-officier dans un régiment deligne, éprouva un jour en sortant de dîner joyeusement avecdes amis, une hallucination singulière. Il crut apercevoirdes fantômes blancs à formes fantastiques et indéfinissables,qui se posaient devant lui d’un air menaçant. C... crut d’a-bord qu’il était en proie à l’une de ces aberrations qu’en-fantent parfois les fièvres bachiques ; mais la reproductionde ces apparitions vint bientôt le détromper. Honteux deses terreurs, reconnaissant lui-même qu’il était le jouetd’une fantasmagorie, et craignant surtout les plaisanteriesde ses camarades, ce jeune homme n’osa avouer, tant qu’ilfut sous les drapeaux, de quelle bizarre affection il étaitatteint. Mais lorsqu’il quitta le service, il me confia tout, etme demanda conseil. Je ne pus reconnaître autre chosechez lui que les signes propres à une hypertrophie du ven-tricule gauche. Je soumis ce malade à des saignées géné-rales et locales, à la digitale, aux bains froids, et je parvinsà le débarrasser pour deux ans de ses hallucinations. Maisla mort tragique de son frère, que je vais raconter tout àl’heure, le fît retomber dans son premier état, par suite del’analogie qu’il trouvait, non sans motif, entre leur positionmutuelle. Avec l’exacerbation des symptômes pathologiquesdu cœur revinrent les hallucinations et les terreurs qui enétaient la suite, et cela à un point tel, que C... n’osait resterseul dans sa chambre ou coucher seul, dans la crainte d’êtrepoursuivi par ces apparitions qui revenaient même en pleinjour. Le même traitement a ramené du calme, mais C... estsouvent inquiet et morose ; il se plaint de palpitations, de