Buch 
L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
Entstehung
Seite
186
JPEG-Download
 

— 186 —

douleurs dans la poitrine, de céphalalgie. Il a la crainte deperdre la raison et de finir comme son frère. Dir reste sonintelligence est parfaitement nette, et il ne déraisonne suraucun sujet.

3 e Observation. C..., bonnetier, frère du précédent,homme robuste, d’une quarantaine d’années, me fit appelerdans l’hiver de 1842, pour de violentes palpitations, accom-pagnées de céphalalgie, et dont il souffrait depuis long-temps sans s’ètre jamais soigné. Je constatai chez cet hommeune hypertrophie avec dilatation du ventricule gauche, àun degré déjà très-avancé. Son moral, me dit sa femme,n’était pas moins affecté que son physique. Ouvrier rangéet laborieux, C... se persuadait qu’il était dénoncé, pour-suivi, honni par tous. 11 ne pouvait se montrer quelquepart sans s’imaginer entendre les moqueries, les reprochesou les injures de ceux qui l’entouraient : aussi était- il tombédans la plus sombre mélancolie. Un traitement dirigé con-tre la maladie du cœur, qui me parut être le point de dé-part du désordre moral, ramena', en effet, pour quelquetemps, du calme dans l’esprit du malade. Mais dans lecours de l’été, les accidents se renouvelèrent avec une nou-velle intensité. La dureté, la fréquence du pouls, la vio-lence des contractions du cœur, et la céphalalgie dont seplaignait le malade, me décidèrent à lui pratiquer une sai-gnée. Deux heures à peine s’étaient écoulées depuis cetteopération, que C.'.., qui était resté calme en apparencejusque là, prit un prétexte pour sortir de sa chambre,monta à son grenier, et se précipita par la fenêtre dans larue. 11 ne survécut que quelques secondes à sa chute. Je nepus malheureusement obtenir l’autopsie.