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de vue, le régime alimentaire d’un peuple, on voitqu’il n’y a pas seulement là matière à des recherchesd’archéologie gastronomique ou de littérature épicu-rienne. Il suffit, pour s’en convaincre, de considérerles effets d’une alimentation donnée sur nos facultésphysiques et morales : l'influence que l’estomac a surle cerveau, en d’autres termes, l’étroite connexité danslaquelle la vie gastrique se trouve avec la vie intellec-tuelle, avec notre humeur, notre santé, et partantavec notre bonheur. D’un autre côté, voyez quels liensde concorde la table établit entre des hommes d’unemême famille ou d’une même cité; quelle part elleprend dans les habitudes de l’existence, et dans lesrelations sociales ! Le brouet noir de Sparte fut-ilcomplètement étranger à la grossièreté de ses mœurs,et n’était-il pas caractéristique de sa civilisation? Leculte de l’art culinaire, ses développements excessifsdans la Rome impériale n’y accusent-ils pas la pro-fonde décadence de la forte nation qui avait naguèreconquis le monde ?
Ces observations n’avaient pas échappé à l’antiquité.Longtemps la table y fut consacrée par la religion.On ne s’en approchait, on ne la quittait qu’avec descérémonies pieuses ; et l’on voit Homère faire des-cendre des divinités sur la terre pour y prendre place