— 350 —
corporation, d’un même parti. L’homme repu n’estpas le même que l’homme à jeun, disait Brillat-Sa-varin, et le célèbre axiome « dis-moi ce que tu manges,je te dirai ce que tu es, » a plus de portée encore quene lui en prêtait l’ingénieux écrivain.
Ces réflexions me revenaient, il y a quelque temps,à l’esprit, en parcourant le traité curieux et trop peuconnu de L. Nonnius, publié en 1628 sous le titre deDiœteticon, sive de re cibariâ. Malheureusement, lelatin fort médiocre dans lequel il est écrit, les théo-ries surannées qui y servent de commentaire auxfaits, rendent la lecture de cet ouvrage assez difficile.En suivant ici les traces du médecin Anversois,jem’efforcerai de faire tourner au profit de mes lecteurssa riche et attrayante érudition, dégagée de sa mau-vaise physiologie, et complétée parce que les recher-ches plus récentes de la science peuvent y avoirajouté.
§ I. ALIMENTS TIRÉS DU RÈGNE VÉGÉTAL.
I. Les céréales. — Bien que les céréales aient étéde tout temps la base de l’agriculture, que l’antiquitéleur ait attribué une origine divine, et que les Grecsfissent même honneur au dieu Pan de l’invention dupain, cependant, cet aliment, d’un usage aujourd’hui