effet, un pain souple et d’assez bonne qualité. Chezles Romains, au contraire, on distribuait le pain d’orgeà titre de peine infamante aux soldats qui avaient fui.
« Cohortes, si quæ cessissent loco, decimatas hordeopavit. » (Suétone, cap. 24.) C’est ce qui arriva aprèsla bataille de Cannes, et ce que fit entre autres Au-guste. Plus tard, ce pain fut abandonné aux animaux.
Le pain plus grossier qu’on fait avec le seigle,familier aux peuples du Nord, n’était en usage ni chezles Grecs, ni chez les Romains. Pline en parle avecbeaucoup de dédain : « Secale Taurini sub AlpibusAsiam vocaut, deterrimum et tantum ad arcendam
famem utile.admiscetur huic far ut mitiget amari-
tudinem ejus, et tameu sic quoque ingralissimumventri est ( loc. cit.). » Quant à Yavoine, indigène duNord, l’Italie la reçut des Gaules où on la mangeaittorréfiée en galette ou en bouillie, comme chez lesScandinaves. — Je ne parle pas du maïs , inconnuaux populations européennes avant la découverte del’Amérique, quoique la description donnée par Plinedu loba ou mil indien paraisse s’appliquer à cetteplante. — Enfin, pour terminer ce que j’avais à diredes graminées, je ferai remarquer que le riz, dontles peuples de l’Orient faisaient dès-lors une desbases de leur alimentation, était fort peu usité chez