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mes, ces mots hœdus ereptus lupo indiqueraientseulement que les campagnards économes ne se per-mettaient l’agneau et le chevreau que dans les rarescirconstances où le hasard leur offrait la possibilité dele faire. Mais alors pourquoi le bon Plutarque, faisantallusion à cette expression, prend-il la peine d’exa-miner sérieusement, —■ avec peu de succès d’ailleurs,il faut le dire, —pourquoi la viande d’un animalmordu par un loup devient plus délicate ? ( Conviv .quest., lib. n.)
Contrairement au mouton, assez peu goûté desGrecs et des Romains, l’agneau avait dans l’anti-quité sa place sur les meilleures tables, en dépit dupréjugé des Égyptiens pour les bêles à laine en général :
.Lanatis animalibus abstinet omnis
Mensa, nefas illic fœtum jugulare Capellæ.
(Juvénal, Sat. 15.)
préjugé par lequel Moïse explique dans la Genèse(cap. 46) l’aversion de ce peuple pour les pasteurs debrebis.
Plaute nous fait dans Y Avare une peinture pitto-resque d’un agneau décharné :
Megad. Volo ex te scire quid sit agnus curio (1) ?
(I) Curio est ici un nom commun pris adjectivement. Plaute joue surle double sens de ce mot, qui signifiait à la fois le magistrat présidant la