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exquise que la sienne. » (Théâtre d’agricult.) (1).
Les pintades (Numida meleagris ), poules d’Afri-que ou de Numidie, pays dont on les supposait origi-naires, étaient moins recherchées pour la délicatessede leur chair que par suite de la vanité que les richesRomains mettaient à faire figurer sur leurs tablestout ce qui était étranger, nouveau ou cher. Cepen-dant les pintadeaux sont comme les paonneaux et lesjeunes faisans très-délicats. Leurs œufs sont aussitrès-bons à manger. — Le faisan passait pour avoirété rapporté en Grèce par les Argonautes de la Col-chide, pays du Phase, auquel il emprunte son nom :
Argoâ primùm sunt transportata carinâ :
Antè mihi notum nil, nisi Phasis, erat.
(Martial, 1. xiii.)
On le faisait cuire à la vapeur de l’eau pour luilaisser toute sa saveur. On ne le servait d’abord queles jours de solennité ou sur les tables les plus opu-lentes. Plus tard on vit l’insensé Héliogabale, par une
(l) Du temps de la chevalerie, c’élait la viande des preux. Apportésur la table par les dames, au son des instruments, on le plaçait devantle chevalier vainqueur dans un tournoi; à ce chevalier seul appartenait ledroit de le découper, et d’en faire les honneurs. Il jurait sur le nobleoiseau de porter le premier coup à l’ennemi dans la première bataille ;c’est ce qu’on appelait le vœu du paon. Le faisan jouissait des mê-mes honneurs. On voit, en 1453, Philippe—le—Bon, duc de Bourgogne,jurer sur un faisan d’entreprendre une croisade contre les Turcs.